Guillaume Noble — Photographie
Pizza au pesto et burrata photographiée sur une table en bois, restaurant en Côtes-d'Armor

Restaurants

Préparer un shooting photo dans son restaurant : la liste de ce qu'il faut prévoir

Ce qu'un restaurateur doit préparer avant la venue d'un photographe — plats, vaisselle, salle, créneau, équipe — pour que la demi-journée serve vraiment.

Une demi-journée de shooting, c'est court. Trois ou quatre heures pour photographier une carte, une salle, parfois une équipe. Ce qui fait la différence entre une série qui sert pendant un an et une série qu'on refait six mois plus tard, ce n'est pas le matériel du photographe : c'est ce qui a été préparé avant qu'il arrive.

Voici ce que je demande à mes clients, en Côtes-d'Armor comme ailleurs, la semaine qui précède.

Choisir les plats, pas toute la carte

Dix à quinze plats pour une demi-journée, c'est le bon rythme. Au-delà, on court, et ça se voit sur les images. Choisissez ce qui vous représente : les signatures, ce qui se vend le mieux, ce que vous voulez pousser cette saison. Une carte de trente références n'a pas besoin de trente photos ; elle a besoin de dix bonnes.

Pensez aussi à la variété visuelle. Trois plats en sauce brune dans la même assiette blanche donneront trois photos qui se ressemblent. Alternez les couleurs, les formes, les contenants.

Préparer les plats comme pour un client exigeant

Le plat photographié est celui que vous servez, pas une version de démonstration — mais c'est la meilleure assiette de la journée. Ça veut dire : dressage soigné, pas de trace sur le bord de l'assiette, les herbes fraîches ajoutées à la dernière seconde, la sauce versée devant l'objectif si elle doit briller.

Un point que beaucoup oublient : la température. Un plat chaud se photographie dans les deux minutes qui suivent le dressage. Après, la vapeur retombe, les graisses figent, les feuilles fanent. On dresse un plat à la fois, quand le photographe est prêt, pas cinq d'avance.

Sortir la vaisselle et le linge que vous aimez

Assiettes, verres, couverts, serviettes : sortez ce que vous avez de plus beau et de plus propre, et en plusieurs exemplaires. Vérifiez les verres à la lumière — les traces de calcaire et les empreintes se voient énormément en photo. Un torchon propre et un chiffon microfibre à portée de main font gagner du temps à tout le monde.

Si vous avez des éléments qui racontent votre lieu — une planche en bois, une nappe, une carafe, des fleurs séchées — préparez-les. Ce sont souvent eux qui donnent l'ambiance.

Mettre la salle en état de service

La salle se photographie comme si le premier client allait entrer : tables dressées, chaises alignées, lumières allumées comme pendant le service, ardoise à jour, terrasse installée. Retirez ce qui traîne — les cartons de livraison, le seau de ménage, la caisse de bouteilles vides près du bar. Ce sont des détails qu'on ne voit plus quand on travaille dedans tous les jours, et que l'objectif attrape à chaque fois.

Les stores et les rideaux ouverts, sauf si le soleil tape directement sur les tables : la lumière du jour est ce qui rend une salle chaleureuse en photo.

Choisir le bon créneau

Le meilleur moment est en général la fin de matinée, avant le service du midi : la cuisine est en place, la lumière est bonne, la salle est prête et encore vide. Pour photographier le service en action, on peut enchaîner sur le début du coup de feu, en restant discret.

Évitez le milieu de l'après-midi en plein été si votre salle est exposée sud : la lumière est dure et les contrastes difficiles. Et prévenez votre équipe : quelqu'un doit être disponible pour dresser les plats, et quelqu'un pour répondre aux questions.

Prévenir l'équipe, et savoir qui apparaît

Si des membres de l'équipe apparaissent sur les images — en cuisine, au bar, en salle —, demandez-leur leur accord avant, pas le jour même. Une tenue propre et sans logo étranger, les cheveux attachés en cuisine : ce sont des photos qui vont rester longtemps sur votre site et vos réseaux.

Les clients ne sont jamais photographiés de façon reconnaissable sans leur accord. Si vous voulez de l'ambiance avec du monde, on cadre les mains, les dos, les silhouettes — c'est souvent plus beau.

Savoir où iront les photos

Dites au photographe où les images seront utilisées : la carte, le site, la fiche Google, Instagram, une bâche. Ça change les cadrages. Une photo pour Instagram est carrée ou verticale, une photo pour le bandeau d'un site est très horizontale, une photo pour la fiche Google doit être lisible en petit. Quand on le sait avant, on fait les deux versions pendant le shooting. Quand on le découvre après, on recadre et on perd de la qualité.

En résumé

Une liste courte, à cocher la veille :

  • Dix à quinze plats choisis, variés, avec leurs ingrédients frais.
  • Vaisselle, verres et linge propres, en plusieurs exemplaires.
  • Salle et terrasse en état de service, sans cartons ni seaux.
  • Un créneau en lumière du jour, avant le service.
  • Une personne en cuisine pour dresser, une pour répondre.
  • L'accord de ceux qui apparaîtront.
  • La liste des usages prévus.

Avec ça, une demi-journée suffit à couvrir une carte et une salle, et les photos servent toute l'année.


Vous préparez une nouvelle carte ou une ouverture en Côtes-d'Armor ? Parlons-en — on cale ensemble le créneau et la liste des plats.